Les Malaisiens ignorent souvent les fausses informations de santé sur les réseaux sociaux
En Malaisie, plus de la moitié des utilisateurs actifs des réseaux sociaux possèdent une bonne compréhension des fausses informations de santé, mais la majorité choisit de les ignorer. Une enquête récente révèle que 55 % des participants maîtrisent bien le sujet, tandis que 79 % considèrent ces fausses informations comme un problème sérieux et nuisible pour la société. Pourtant, 60 % des personnes interrogées préfèrent ne pas agir face à ces contenus trompeurs, principalement par manque de confiance en leurs compétences médicales.
Les fausses informations de santé, c’est-à-dire des affirmations inexactes ou trompeuses sur des sujets médicaux, se propagent rapidement sur les plateformes numériques. Pendant la pandémie de COVID-19, cette tendance a été particulièrement marquée, avec des rumeurs infondées sur les vaccins ou les traitements qui ont semé le doute dans l’opinion publique. Les réseaux sociaux, grâce à leurs algorithmes et à la viralité des publications, amplifient ces mensonges, rendant difficile la distinction entre le vrai et le faux pour de nombreux utilisateurs.
Les résultats montrent que les personnes mieux éduquées ont une meilleure connaissance des fausses informations. En effet, celles ayant suivi des études supérieures sont près de dix fois plus susceptibles de bien comprendre le phénomène. Par ailleurs, une attitude positive envers ce problème est souvent liée à une meilleure connaissance : ceux qui savent reconnaître les fausses informations les perçoivent comme plus dangereuses et sont plus enclins à vouloir les combattre.
Pourtant, l’action reste rare. Les jeunes sont plus susceptibles d’agir que les aînés, peut-être en raison d’une plus grande familiarité avec les outils numériques. Parmi ceux qui décident de réagir, certains signalent les publications trompeuses aux autorités des plateformes ou aux institutions gouvernementales, tandis que d’autres corrigent directement les informations en commentant ou en partageant des réponses exactes. La motivation pour agir est plus forte lorsque les fausses informations concernent des proches ou des sujets que l’individu maîtrise bien.
Les Malaisiens estiment que le gouvernement et les professionnels de santé ont un rôle clé à jouer pour lutter contre ce fléau. Les plateformes comme Facebook, WhatsApp et TikTok sont les principaux canaux où ces fausses informations circulent, notamment sur des thèmes comme les compléments alimentaires, les médecines traditionnelles ou les maladies. Malgré cela, les utilisateurs accordent moins de confiance aux réseaux sociaux qu’aux professionnels de santé ou aux sites spécialisés pour obtenir des conseils médicaux fiables.
Cette situation souligne l’importance de renforcer l’éducation et la littératie numérique, en particulier chez les personnes âgées et celles ayant une attitude passive. Des ateliers pratiques dans les centres communautaires ou les cliniques pourraient aider à mieux identifier et évaluer les informations de santé en ligne. Une approche collaborative, impliquant les autorités, les travailleurs de la santé et les influenceurs, serait idéale pour sensibiliser le public et limiter la propagation de ces fausses informations.
Bibliographie
Source de l’étude
DOI : https://doi.org/10.1186/s12982-026-02051-5
Titre : Knowledge, attitudes and practices regarding health misinformation among active social media users in Malaysia
Revue : Discover Public Health
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Sharmila Sathianathan; Adliah Mhd Ali; Wei Wen Chong